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Culture locale populaire et culture classique




Kloar a perdu ses grandes fêtes populaires….


Les évènements relatifs à la culture locale ou encore appelée « populaire » ont tendance à disparaître, fest -noz, fêtes des moissons, Fête des goémoniers… qui rappelaient au fil des saisons la vie quotidienne des habitants de notre beau pays.


Ces fêtes populaires sont l'occasion de partager avec les visiteurs, et faire perdurer auprès des plus jeunes locaux la culture et la langue bretonne. Notre culture locale, en plein abandon, est menacée de disparition.

Compte tenu aujourd'hui de l'uniformisation culturelle, notamment au travers des réseaux sociaux et la prédominance de type anglo-saxonne, toute disparition d'une culture est une perte irrémédiable pour l'humanité et un appauvrissement de notre richesse humaine.


Ces évènements de culture locale ont-ils disparu par manque de bénévoles, ou par manque de soutien de la politique culturelle municipale qui pompe l’essentiel des subventions pour des projets non souhaités ? Sans doute, un peu des deux ; mais il est vrai que ces temps derniers, la vie politique s’est crispée autour d’un projet culturel très loin de la culture « populaire ».


En effet, dans ce cas, il faut bien voir, et ce au nom d’une pseudo création artistique, que « culture » s’oppose à « quotidien », ou encore à « commun » donc à « populaire ». Associé à l’esthétique, au (bon) goût, le mot culture désigne la forme noble (que l'on peut appeler culture classique par opposition à populaire), celle de la rubrique « culture » des médias dans laquelle la littérature, le cinéma d’auteur, la danse et l’opéra, le théâtre et la musique classique, les arts plastiques, les muséographies, seuls auraient droit de cité.


Il est en effet exceptionnel que l’on s’intéresse à la connaissance des nœuds de marin, de la confection de paniers, de la broderie, de la fabrication du cidre, etc. Tout cet héritage, véritable patrimoine culturel au sens « anthropologique et sociologique », aurait-il été oublié ? Pourquoi des fonds conséquents ne sont pas ici à Kloar alloués à ces formes de culture sans oublier bien sûr la culture Bretonne, l’apprentissage de la langue, des poésies, des chants et contes traditionnels.


Kloar ayant été un lieu de villégiature pour de nombreux peintres renommés, il nous semble tout à fait normal de voir fleurir de nombreuses expositions au sein de notre Commune et d'y consacrer un investissement raisonnable, car il existe un lien réel avec l'histoire de notre territoire.


Comme en témoignait la fête des goémoniers qui mettait à profit cette histoire pour la mêler à la tradition locale.


Mais pourquoi le populaire est-il a priori disqualifié au bénéfice principal d’un seul artiste peintre ? Quels sont les fondements de cette culture « savante » qui devrait se concrétiser dans notre commune dans une muséographie Gauguin ? Elle se distingue par plusieurs traits : un coût de production tellement élevé qu’elle ne peut être réalisée qu’avec l’apport ou l’appui de subventions publiques ou de la générosité de sponsors et de mécènes. De plus, compte tenu de ses coûts et de sa complexité, elle ne peut être que confiée à des professionnels experts et reconnus comme tels. En outre, elle ne peut concerner qu’un public restreint et ciblé, lui-même doté d’un capital culturel et artistique qui lui permet de la goûter et de s’en délecter de façon autonome, loin des réalités locales.


Aujourd'hui, à Kloar, il nous semble que trop de place est attribuée à la culture dite classique au détriment de la culture locale. Cette culture classique ne particularise pas le territoire et est impersonnelle "touristiquement". On la trouve partout, rien d'original attirant le touriste. Que vous soyez à Brest, Paris ou Avignon, cette culture est disponible et non liée à une géographie ou un territoire.


Par exemple, à St Maurice la mairie dégage des financements conséquents pour des concerts de musique classique, opéra, etc . Pourquoi la culture locale et populaire n’est-elle pas soutenue et promue également sur ce site ? Ce lieu serait-il trop remarquable pour tous ?

Pourquoi ce site, ne reçoit-il plus d'évènements plus populaires ? Pourquoi ne pas présenter de culture locale sur ce site dans la proximité de la forêt de Carnoët qui permettrait de faire appel à nos nombreuses légendes ?


Les évènements de type culture classique, dont la compréhension nécessite un certain niveau d'éducation artistique, sont plutôt tournés vers un tourisme ciblé, qui tend à une ségrégation des populations.

Bien sûr, parfois nul n'est besoin de grande éducation artistique pour écouter ou admirer une œuvre plastique, et on peut se laisser bercer simplement par la beauté du lieu ou de l'œuvre et la virtuosité des interprètes.


La culture populaire, elle, est capable d’attirer un très large public, voire de faire venir à la culture un public différent de celui de la culture dite savante. Enfin, la culture populaire permet de se faire expliquer par ses habitants la richesse d’un terroir et de faire participer les visiteurs.


Ces deux territoires culturels, Classique et Populaire, semblent donc repérables sans la moindre ambiguïté, distants, distincts et séparés à tout jamais par une frontière sûre et infranchissable. Mais il faut remettre en cause cet antagonisme apparent, car ils sont finalement complémentaires. Il ne s'agit donc pas ici d'opposer ces deux types de culture, mais de les associer harmonieusement au sein de notre animation communale.


La culture classique est bénéfique pour tous et doit être accessible à tous car elle permet une ouverture et une certaine libération de l'esprit. Cependant, elle ne doit pas effacer notre culture locale. Cette dernière ne doit pas non plus écraser toute autre forme d'évènement culturel, car elle pourrait rapidement lasser le public.

Par ailleurs, on peut se réjouir de voir d'autres évènements populaires fleurir (Rock Land, par exemple) qui permettent d'offrir d'autres alternatives culturelles, dont la compréhension est accessible à tous.


Il ne faut pas que dans notre commune, une forme de culture mobilise de lourdes ressources financières au détriment d’une autre. Une harmonisation des moyens, à réaliser par la municipalité, est requise pour tous les types d’évènements culturels mêlant le local et le classique.


Cet équilibre est nécessaire pour que notre culture locale et populaire retrouve sa place. Elle est notre mémoire, notre patrimoine, le vrai !


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